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Blog histoire de l'art de l'artiste peintre contemporain Mik-art : biographies d'artistes, analyses d'oeuvres, index des mouvements artistiques et citations célèbres sur l'art, les artistes et la peinture.

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Edgar Degas, Petite danseuse de 14 ans (1865-1881), analyse d'oeuvre

edgar degas petite danseuse de 14 ans La petite danseuse de 14 ans (1865-1881)

La Petite Danseuse de quatorze ans (aussi intitulée Grande Danseuse habillée) est une sculpture d'Edgar Degas réalisée en cire entre 1865 et 1881. La sculpture représente une jeune ballerine (taille de 1 mètre) debout dans une attitude de repos, les jambes en dehors, les pieds formant la quatrième position classique, les mains derrière le dos, le buste dressé et la tête rejetée en arrière.

 

Colorée au naturel, coiffée de vrais cheveux, vêtue d'un tutu et de véritables chaussons, elle témoigne d'un hyperréalisme, d'un vérisme poussés à l'extrême. Présentée dans une vitrine à la manière d'un spécimen de museum, elle révèle un Degas presque anthropologue ou naturaliste. Les critiques ne s'y trompèrent pas : l'oeuvre fut violemment accusée de représenter la fillette de manière bestiale ; on la compara à un singe ou un aztèque ; on lui trouva un visage "où tous les vices impriment leurs détestables promesses, marque d'un caractère particulièrement vicieux". Degas poussait ainsi à bout la logique du réalisme, si en vogue par ailleurs, en dépeignant sans fard ni hypocrisie, de manière quasi scientifique, la société de son temps. L'édition en bronze qui fut faite après sa mort, dont la statuette du musée d'Orsay est un exemplaire, tenta de préserver au mieux les caractéristiques de la cire. La cage de verre est le seul élément voulu par Degas lui-même, affirmant le statut d'oeuvre d'art de la Danseuse.

 

Son modèle est Marie van Goethem, fille d’immigrés belges qui vit à Paris avec sa mère, veuve, et ses deux sœurs, l’aînée Antoinette et la cadette Louise. Marie entre à l’école de l’Opéra à l’âge de treize ans, en 1879, mais se fait renvoyer quatre ans plus tard pour avoir manqué onze cours ; à dix-sept ans elle a déjà mauvaise réputation, pose pour des peintres et se prostitue. 27 copies en bronze de la Petite danseuse de 14 ans seront réalisées entre 1920 et 1950. Un bronze, fondu en 1930, est conservé à la National Gallery of Art de Washington. Le Musée d’Art de Philadelphie en détient un  aussi, depuis 1956. Et un autre tirage en bronze, daté entre 1921 et 1931, est conservé au Musée d’Orsay.

 

"De même que certaines madones maquillées et vêtues de robes, de même que ce Christ de la Cathédrale de Burgos dont les cheveux sont de vrais cheveux, les épines de vraies épines, la draperie une véritable étoffe, la danseuse de M. Degas a de vraie jupes, de vrais rubans, un vrai corsage, […] les cheveux retombant sur l’épaule et arborant dans le chignon orné d’un ruban pareil à celui du cou, de réels crins, telle est cette danseuse qui s’anime sous le regard et semble prête à quitter son socle." "Statue, idole, modèle ethnographique, expression du réalisme scientifique" d’un Degas, passionné par Darwin, La Petite Danseuse est tout cela à la fois et bien plus encore. Joris-Karl Huysmans.

 

Source: Musée d'Orsay.


Anonyme, Gabrielle d'Estrées au bain (1594), ananlyse d'oeuvre

Gabrielle d'Estrées Gabrielle d'Estrées au bain (1595)

Depuis la fin du XVI ème siècle, soit depuis plus de quatre cent ans, il fascine tous ceux qui regardent ce drôle de tableau. Tout d'abord, si elles sont nues, c'est parce qu'elles prennent leur bain. Mais, ce n'est pas un bain ordinaire. Deux grands rideaux rouges s'ouvrent sur la scène, un peu comme si l'on était au théâtre. Le peintre, dont on ne connait pas le nom, nous indique ainsi qu'il s'agit de deux dames importantes. Et en effet, la blonde est Gabrielle d'Estrées, grand amour et favorite du roi de France Henri IV. Quant à la brune, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, c'est sa petite soeur, Julienne la duchesse de Villars. On ne sait pas avec certitude pourquoi la cadette pince de façon aussi provocante le sein de son ainée. Mais on en a une petite idée: par ce geste, Julienne suggère que sa soeur est enceinte du roi. Et que son sein va bientôt nourrir un bébé princier. Elle a donné naissance en juin 1594 à César de Vendôme, un garçon présenté comme un enfant qu'elle aurait eu d'Henri IV.

 

A la Renaissance, on adorait les toiles mystérieuses, avec des énigmes que le spectateur se faisait un plaisir de déchiffrer. Regarder la femme vêtue de rouge (une dame de compagnie), à l'arrière plan. Le peintre ne l'a pas mise là par hasard. Elle est en effet en train de coudre des langes pour un bébé, une allusion à la grossesse de Gabrielle d'Estrées. Dans le tableau, un autre indice évoque l'amour du roi Henri IV pour la jeune femme... il s'agit de la bague, symbole de fidélité, qu'elle tient dans sa main gauche. En opposition avec le morceau de tableau à l’arrière plan, où l’on voit un homme (Henri IV ,) les cuisses ouvertes, qui la renvoie à son statut de simple favorite, c’est-à-dire l’objet des plaisirs du roi, voire la courtisane. Henri IV était fou d'amour pour cette blonde à la peau de porcelaine, qui lui donna trois enfants. Il voulut même l'épouser, mais ce projet fit scandale à l'époque, car le roi était déjà marié à la Reine Margot. La belle Gabrielle apparaît dans deux autres peintures, mais celle-ci est la plus célèbre.

 

La "presque reine", qui attendait que le roi Henri répudie sa femme officielle, Marguerite de Valois, eut trois enfant de lui et mourut avant sa trentième année, enceinte du quatrième en 1599. Ce tableau (huile sur bois, 96x125cm) a été peint par un anonyme, mais le musée du Louvre, où il est conservé, l'attribue à un peintre de l'Ecole de Fontainebleau. Il fait parti des collections de musées de France.

 

Source: Arts Magazine.


Jana Sterbak, Vanitas - Robe de chair pour albinos anorexique (1987)

robe de chair viande Vanitas - Robe de chair pour albinos anorexique (1987)

Robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak ressemble vu de loin à une vieille robe faite de vieux morceaux de cuir ou de vieux chiffons usés... Mais lorsque l'on s'approche, on peut voir que ce sont des morceaux de viandes cousus qui la composent ou la décomposent, au choix. Le titre de la robe est très énigmatique et bizarre, la vanité dans cette oeuvre représente sûrement le temps qui passe (jeunesse/vieillesse, fraîcheur/pourriture, vie/mort), son effet inexorable sur les corps qui se décomposeront et disparaîtront...

 

De plus l'utilisation de vrais morceaux de viandes a provoqué plus d'un scandale, plus d'une personne aurait bien aimé les faire griller ces tranches de boeuf ou en faire don à des associations caricatives, c'est vrai que tout cela n'est pas très moral, il faut quand même 20 kg de viande pour réaliser ce vêtement "original". Et de la bonne viande avec le moins de gras possible pour éviter les rayures blanches, ça serait indécent. Surtout que cette oeuvre a été financée grâce à de l'argent public pour permettre à des "bobos" de crier au génie devant un tas de viande se décomposant, pendant qu'au même moment des personnes n'avaient rien à manger.

 

Cette robe est pour moi dégoutante, laisser des tranches de boeuf pourrir sur un mannequin de couturier en bois, je ne vois pas ou est lard, euh l'art... La viande sèche au fil des jours, se noircit, on dirait de la vieille viande d'un mauvais kebab, ça passe du rouge vif à une couleur marron style  vieille momie égyptienne. C'est dégueu, en plus moi qui suis assez maniaque avec les dates limites de consommation des produits, je ne peux cautionner ce genre d'oeuvre. Apparamment, la robe ne sent pas trop (c'est déjà ça), elle est ensalée pour empêcher la putréfaction, l'apparition de vers "viandovore" les évanouissements et les vomissements des "bobos de l'art" devant ce bout de l'art, euh de lard...

 

D'ailleurs, c'est tellement BOBO que Lady Gaga a régurgité le concept lors des MTV Vidéo Music Awards le 12 septembre 2010. Sa robe en viande a créé le scandale mais surtout le buzz médiatique, un geste sans aucune portée autre que la provocation gratuite d'une chanteuse pop qui cheche juste à faire parler d'elle. Au moins dans l'oeuvre originelle, il y a quand même une idée, un concept, auquel je ne suis pas du tout sensible, je n'y touve rien d'artistique à part peut-être le beau discours qu'il y a autour de cette "robe" pour la faire passer pour une oeuvre d'art et inviter à une certaine réflexion. Et ce qui me chiffonne aussi un peu, c’est que le grand public va associer "robe en viande" à Lady Gaga en lui accordant sans aucun doute la maternité de l’idée.

 

"Vanitas a fait scandale au Canada, mais a rencontré un grand succès partout ailleurs et elle est sans cesse copiée ! Je crois que c’est une œuvre assez réussie – si je peux me permettre de dire cela – car elle se prête à quantité d’interprétations, depuis le non-respect des animaux élevés pour leur viande jusqu’au vieillissement et à la mort des individus, en passant par les rituels de possession, etc. Vanitas pourrait également évoquer les changements que le temps imprime à la perception des œuvres. Le jour du vernissage, quand on expose la robe, la chair est crue. Puis, la viande sèche et commence à ressembler au cuir ; elle devient alors acceptable. Cela est aussi vrai pour les artistes". Jana Sterbak.


Peter Fryer, Le Christ et la chaise électrique (2009)

le christ et la chaise électrique Le Christ et la chaise électrique (2009)

Le Christ et la chaise électrique de Peter Fryer, est une œuvre qui a été exposée dans la cathédrale de Gap en 2009, et qui a suscité de vives réactions au sein de la communauté catholique du diocèse. Le Christ en cire est assis les bras étendus de chaque côté d’une chaise électrique en bois et porte sur la tête de véritables cheveux humains et une couronne d’épines. 

 

Monseigneur Di Falco qui était à l'origine de cette démarche artistique et spirituelle, explique ainsi les raisons pour lesquelles il a voulu que cette oeuvre soit exposée dans l'antre de sa cathédrale à la place du Christ sur sa croix: "Je me suis demandé pourquoi je n'avais pas la même émotion devant un crucifix, peut-être l'habitude ". Et "s'il y a scandale pour certains, il n'est pas là où ils le pensent ! Le scandale, c'est notre indifférence devant la croix du Christ". C’est un scandale pour certains paroissiens que de perdre l’image traditionnelle du Christ sur son crucifix.

 

Je trouve cette oeuvre très intrigante et aussi gênante que le Christ crucifié sur sa croix, je me suis toujours senti mal à l'aise face à lui, pourtant je ne suis pas croyant...Donc je suis aussi touché par cette représentation de la souffrance du Christ, dans les deux cas il est de toute façon condamné à mort, seule la manière diffère. Peter Fryer remet une image sacrée dans le contexte actuel, pour moi il n'y a rien de provoquant, juste une mise en abîme de la souffrance originelle transposée dans notre monde contemporain. Cette représentation a au moins le mérite de nous questionner sur notre rapport à la Croix, objet finalement tellement courant qu'il ne dérange plus, qu'il n'est plus ce "scandale pour les juifs, cette folie pour les païens."

 

Cette "Pieta" rappelle aussi que la peine de mort est en vigueur dans de nombreux pays. Sauf que les milliers de victimes souvents innocentes comme monsieur Troy Davis, n'auront pas la chance eux de ressusciter, mais peut-être que son sacrifice permettra de sauver des hommes, et pourquoi pas l'Humanité ?! Quand je vois ce Christ, je pense à Davis sur sa chaise abandonné par le système, l'Histoire se répète et se répétera sûrement encore...

 

"Si le Christ était mort sur la chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise autour du cou". Serge Gainsbourg.


Jake et Dinos Chapman, One Day You Will No Longer Be Loved XIII (2008)

portraits macabres des frères chapman One Day Will No Longer Be Loved XIII (2008)

Pour les fans d’humour macabre et d’humour anglais, voici les frères Jake et Dinos Chapman. Ces deux quinquagénaires britanniques provoquent avec une série de portraits de facture traditionnelle (style victorien) dont ils détournent les règles pour mieux les railler. Ils s’amusent à les défigurer de multiples manières (lacérations, cicatrices, organes internes apparents…) ce qui donne des visages effrayants et grotesques.

 

J’aime beaucoup cette idée de s’inspirer des concepts pour mieux les détourner et ça me fait aussi penser au livre que je suis entrain de lire en ce moment : Le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde. C’est vrai quand regardant ses tableaux, on a vraiment l’impression que leurs visages se décomposent, sous le poids d’un terrible secret peut-être…


Kader Attia, Flying rats (2005)

flying rats enfants oiseaux Flying rats (2005)

Encore une œuvre contemporaine qui a fait scandale, l’accusé est Kader Attia créateur de l’installation Flying Rats exposée durant la huitième biennale d’art contemporain de Lyon. 150 pigeons  qui dévorent dans une cour d’école de gentils petits enfants constitués de pâte alimentaire pour oiseaux, on se croirait dans un mauvais remake du film d’Alfred Hitchcock. Cette mise en scène se passe bien sûr dans une grande cage grillagée devant des visiteurs médusés de voir sous leurs yeux, les "enfants" se faire picorer par les pigeons qui n’ont qu’eux comme nourriture.

 

Alors quel est le scandale ? De voir ses "gentils’ enfants qui le sont toujours entre eux se faire bouffer par des pigeons ? Où bien d’engraisser impunément de pauvres pigeons sans défense et leurs provoquer une crise de foie ou pire une indigestion  ?


Cosimo Cavallero, My sweet Lord (2007)

my sweet lord jésus chocolat My sweet Lord (2007)

L’artiste italo-canadien Cosimo Cavallaro a réussit à créer son petit scandale avec cette sculpture du Christ composé de 90 kilos de chocolat au lait qu’il a exposé dans une galerie de New York en pleine semaine de Pâques. My Sweet Lord (Mon doux Seigneur) est en effet appétissant, on à envie d’en croquer un bout, il y aurait presque une attirance sexuel pour ce Jésus de 1.80 mètre entièrement chocolaté, cette oeuvre à créer le courou de certaines associations catholiques : "Ils n’oseraient jamais faire une chose pareille avec le prophète Mahomet nu, ses parties génitales exposées pendant le ramadan".

 

Et j’avoue que je suis assez d’accord avec cette phrase, il est vraiment assez facile de nos jours de se moquer de l’image du Christ, de l’habiller avec un string rose ou de le coiffer d’une perruque disco, ça n’a plus rien de rebelle, c’est même assez pathétique. L’artiste qui fera vraiment scandale, c’est celui qui aura vraiment les « couilles » de se moquer de l’image de Mahomet, là c’est une autre histoire…


Maurizio Cattelan, Him (2002)

hitler him cattelan sculpture Him (2007)

Pour Maurizio Cattelan, il n’y a pas de sujet tabou. Il représente le Fürher en train de prier à genoux, une « humanisation » qui déclenche forcément un tollé. Adolf Hitler est représenté d’une façon très réaliste et naturelle, il ne le diabolise pas, c’est cela qui choque le spectateur. "Hitler incarne l’image de la peur. En le mettant en scène, je ne fais que m’emparer d’une icône de notre siècle. Ma mère disait toujours qu’il est impossible de bien nettoyer un carreau si on ne voit pas où se trouve la saleté…". (M. Cattelan).

 

C’est une oeuvre étrange, une autre façon de voir le théoricien du nazisme que nous propose Maurizio Cattelan. Nous le voyons comme un homme, et oui, Hitler était avant tout un homme avant de devenir le monstre que tout le monde connait. Cette représentation nous renvoie à notre propre image, à la notion du bien et du mal, à la folie humaine qui aujourd’hui encore sème le chaos un peu partout dans le monde. De plus le fait de l’agenouiller le rend moins impressionnant, c’est nous qui sommes dans une position dominante, c’est nous qui pourrions à notre tour l’écraser et lui faire payer ses abominations… Mais si nous le faisions, vaudrions nous mieux que cet homme ?


Daniel Edwards, Autopsie de Paris Hilton nue (2007)

paris hilton nue sculpture daniel edwards Autopsie de Paris Hilton nue (2007)

Daniel Edwards est un sculpteur américain aux oeuvres controversées. Il s’est spécialisé dans les sculptures au rendu très réaliste de vedettes du showbiz et d’hommes politiques.

 

Parlons maintenant de cette sculpture grandeur nature de la célèbre héritière Paris Hilton qui à pour nom Paris Hilton Autopsy ( Autopsie de Paris Hilton). La star est mise en scène d’une façon érotique, elle est nue, les jambes écartées avec son non moins célèbre chihuahua qui essaye de la réanimer en lui pratiquant un massage cardiaque. L’artiste à réalisé cette sculpture pour prévenir les jeunes des dangers de l’alcool surtout lorsqu’on prend le volant, actes que Paris Hilton avait la fâcheuse habitude de faire.

 

Enfin c’est apparemment le message de l’artiste… Mais alors pourquoi la mettre à poil ? Je ne vois pas le rapport, à part faire fantasmer les personnes qui voient cette sculpture et faire parler de lui. Tout cela ressemble plus à un coup commercial qu’à une véritable démarche artistique, ça sent la recherche de pognon à plein nez et ça me débecte. C’est de la sculpture sensationnelle et pornographique, parfait pour faire parler de soi rapidement et se faire un max de thunes, vive le business.


Marc Quinn, Tête de sang Autoportrait (?)

tête de sang autoportrait marc quinn Tête de sang Autoportrait (?)

Voici une des plus étranges sculptures qui m’ait été donné de voir, voici un des autoportraits réalisés par l’artiste Marc Quinn avec 4,5 litres de son propre sang congelé prélevés sur une période d’environ 5 mois. Le sculpteur a réalisé 4 sculptures de la sorte environ une tous les cinq ans pour voir l’impact du temps qui passe sur son visage.

 

"L’inspiration de cette (série de) sculptures est née de la volonté de pousser la technique du portrait à l’extrême, une représentation qui n’a pas simplement la forme du modèle mais qui est en fait réalisée avec la propre chair du modèle", a expliqué Marc Quinn, cité dans un communiqué.

 

Marc Quinn a aussi réalisé les portraits de ses fils nourrissons, construits à partir des placentas et de cordons ombilicaux frigorifiés des deux enfants, ce qui est encore plus gore. On se croirait encore dans un film d’horreur mais ses œuvres ont indéniablement quelque chose de saisissant, qui fait peur, qui attire et qui dérange. Personnellement, je trouve la démarche artistique intéressante (le temps qui passe) et  d’utiliser le sang comme médium, après tout notre corps n’est-il pas constitué de 5 litres de sang ?


Gunter von Hagens, A "plastinated" corpse (?)

corps gunter von hagens A "plastinated" corpse (?)

Gunter von Hagens est selon les personnes à la fois scientifique et artiste, pour moi il est plus un scientifique qui met en scènes ses découvertes. Il est mondialement reconnu pour ses cadavres plastifiés. il expose des cadavres humains conservés intacts grâce à un procédé de plastination qu’il a lui-même mis au point. Il s’agit d’enlever l’eau et la graisse des tissus et de les remplacer par de la résine époxy pour que les corps et les organes gardent leur élasticité et ainsi pouvoir les conserver indéfiniment.


Cette technique permet de voir le corps humain comme on ne l’a jamais vu, de voir le système musculaire, veineux ou cérébral. De plus Gunter von Hagens met en scène ses "morts", c’est à la fois ce qui attire et ce qui choque les spectateurs lors de ses expositions. "Je n’ai ni formation ni ambition artistique, affirme Gunter von Hagens. Je désire simplement parvenir à une présentation parfaite destinée à faire comprendre combien nous sommes des êtres fragiles."


Ses expositions attirent des millions de visiteurs dans le monde entier et avec elles autant de polémiques, certains veulent les interdire au nom du respect des morts, dans d’autres pays comme le Japon c’est un véritable choc culturel. La plupart des visiteurs trouvent ces cadavres découpés choquant et tous les journalistes conspuent Gunter von Hagens, déclarant que tout cela n’est pas de l’art mais du voyeurisme macabre.

 

Si vous êtes intéréssé par une de ses créations, rendez-vous sur le site de Gunter, ainsi, "le supermarché de la mort", propose des testicules plastinées à 360 euros, des poumons de fumeur pour dix fois ce prix, une jambe pour 9.100 euros ou un corps humain pour 57.000 euros. Les prix de pièces plastinées ou de copies parfaites vont de 80 à 15.000 euros. Génial pour décorer son salon et mettre à l'aise ses invités, non ?!


Le but scientifique de ces expositions est indéniable, pouvoir voir ses "congénères" tronçonnés en trois dimensions permet sûrement d’en apprendre beaucoup sur son corps  et sur l’Humain en général. Après je ne comprends pas encore une fois, pourquoi on veut toujours associer la science et l’art, surtout quand l’art n’a rien à voir dans l’histoire.


Gary Gross, Spiritual America (1975)

spiritual america brooke shields Spiritual America (1975)

Voici une photographie de l’artiste de Gary Gross intitulée Spiritual America, où l’on voit Brooke Shields, âgée de 10 ans, nue dans son bain, le corps luisant et outrageusement maquillée. Cette oeuvre a plusieurs fois fait scandale, elle a été dernièrement retirée d’une exposition à la Tate Modern à Londres (Octobre 2OO9) après une visite de la police qui a jugé la photographie "indécente".

 

A cette époque, Gross a un projet de publication, The Woman in the Child, dans laquelle il veut révéler la féminité de jeunes filles prépubères en les comparant à des femmes adultes. Brooke Shields pose donc pour le photographe, tantôt en fillette, tantôt maquillée, huilée et nue. Elle reçoit une rémunération de 450 dollars de Playboy Press, partenaire du projet.

 

Il est vrai que cette photographie peut-être qualifiée d’obscène, de perverse, d’indécente et d’autres adjectifs tous aussi "obscurs" les uns que les autres. Cette photo a un côté sexuel indéniable, un côté voyeur et pervers qui met mal à l’aise le public. D’ailleurs, des militants d’associations choqués ont qualifié la photographie "d’aimant à pédophiles", je pense que c’est un terme un peu fort.

 

Le problème de cette répression, c’est que ça peut aller très loin… Il faudrait à ce moment là retirer tous les nus des musées, les cacher ou encore pourquoi pas les qualifier d’ "art dégénéré", les bruler sur la place publique et bien-sûr enfermer leurs auteurs. J’ai l’impression souvent désagréable que l’Homme ne retient jamais rien de son Histoire et qu’il retombe facilement dans ses travers passés…


Les publicités BENETTON : Propagande et polémique ?

benetton toscani photographies Benetton (?)

En 1982, Benetton, malgré le succès de ses vêtements, n’avait pas d’image. L’industriel fait alors appel au photographe italien, Oliviero Toscani. L’industriel souhaitait donner un ton plus international et le publicitaire cherchait autour du thème de la différence. Le tandem Benetton – Toscani opte pour "United Colors Of Benetton", slogan révélateur de leur stratégie publicitaire qui renvoie à la tolérance ethnique par le mélange des couleurs et des différences culturelles. Luciano Benetton est révolutionnaire dans le domaine de la mode ; c’est lui le premier à avoir eu l’idée de génie d’apporter à l’univers du textile autrefois terne, de la couleur et de la fantaisie. L’industriel réalise un véritable coup d’audace qui lui vaut un incroyable succès commercial jusqu’à l’arrivée de la concurrence.

 

Ce personnage se présente également comme un futuriste dans la mesure où il a permis à son "complice" Oliviero Toscani d’expérimenter sa nouvelle stratégie publicitaire. Le regard particulier de Toscani sur le concept de la pub constitue une véritable révolution. En effet, en affirmant "je fais des images, je ne vends pas des vêtements", le photographe ôte aux campagnes publicitaires leur caractère commercial puisqu’il dit "je n’en ai rien à fiche si mes pubs font vendre ou non". Cet homme a délibérément changé les règles de la publicité.

 

Selon lui, "il faut être plus créatif et la publicité doit expliquer la philosophie de l’entreprise. Si elle y parvient, le consommateur en déduira que ses produits sont bons". Pour capturer l’attention du consommateur, il ne faut pas reproduire ce qui a déjà été fait, la publicité doit alors devenir un produit artistique. Ce publicitaire s’attribue donc un rôle d’artiste. En effet, les images de Toscani par la manière dont elles sont photographiées révèlent une démarche artistique à laquelle on peut attribuer de très grandes qualités picturales notamment par le choix du photographe de mettre en avant le sujet en utilisant un fond blanc qui offre une luminosité unique.

 

Toscani poursuit sa démarche artistique en faisant ses publicités sans monter le produit. Benetton ne parle plus de ses pulls en laine et préfère parler du réel. La firme italienne présente alors un nouveau concept qui peut paraître étonnant voir choquant mais le publicitaire pense que la provocation est un "devoir pour l’artiste". Ainsi, c’est avec cette idée que le photographe va créer ses campagnes avec des images fortes de par le sujet qu’elles traitent. Ce passionné d’actualité affirme que ce qu’il fait "c’est de la communication", il provoque ainsi une véritable prise de conscience par l’intermédiaire de ses photos choquantes qui donnent à penser et à discuter et il s’attribue un rôle de reporter, de photojournaliste.

 

Toscani veut, contrairement aux publicitaires traditionnels, informer le public et tenir un discours engagé. Il offre des images dramatiques de la réalité pour déclencher des débats sur les thèmes universels considérés comme tabous. Les affiches Benetton stimulent ainsi la réflexion sur le racisme, la guerre, le sida, l’écologie, la religion et la mort. Toscani affirme à ce propos "J’ai défini quatre thèmes communs à l’humanité : le sexe, la religion, la race, la vie et la mort. Toutes nos affiches tournent autour de ça".

 

Toscani fonde ses campagnes sur des faits de société qui sensibilisent le public car elles sont choquantes et il met le produit au service des grands problèmes de l’humanité. Il y a dans ses campagnes une véritable prise de position où le message dépasse largement la simple promotion du produit. Ainsi la firme italienne défend des causes humanitaires et invite en quelque sorte le public en le sensibilisant à s’investir pour celles-ci. Toscani et Benetton, par leurs campagnes de publicité, étalent aux quatre coins des continents leurs idées et visions du monde.

 

Ainsi, c’est la firme italienne qui, une des premières, fait ses publicités sans montrer ses produits et parle du réel. La première à avoir réalisée de la publicité intelligente, qui fait réfléchir et qui délivre un message de tolérance.

Source : Pourigirl et Flanepourvous.


Maurizio Cattelan, La Nona Ora (1999)

la nona ora pape météorite La Nona Ora (1999)

La Nona Ora, célèbre oeuvre de l’artiste italien Maurizio Cattelan représente une sculpture grandeur nature du pape Jean-Paul 2 écrasé par une météorite. Le visage du pape exprime la douleur et la violence du choc, il a été victime des foudres du ciel, serait-ce la main de Dieu qui aurait dirigé cette météorite ? Maurizio Catelan contredit d’une façon moqueuse le raisonnement de la religion catholique qui entretient ses fidèles par un système de peur : elle menace les fidèles d’être terrassés par une catastrophe quelconque s’ils ne suivent pas les consignes de l’église. Le titre de l’oeuvre “la neuvième heure” renvoie au verset de la Bible au moment de la mort du Christ, où celui-ci demande à son Père "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?". Cette oeuvre qui illustre l’absurdité de l’existence humaine est passé d’environ 80 000$ lors de sa création en 1999 à 3 millions de dollars chez Phillips à New-York en 2004.

 

J’aime beaucoup cette œuvre de Cattelan qui remet en cause la religion et le sacré, bien-sûr elle peut-être choquante pour les chrétiens… Mais personnellement je la trouve très drôle, ça me fait penser à Ned Flanders, un personnage des Simpson qui prie jour et nuit pour que Dieu protège sa famille, mais ça n’empêche pas sa femme de mourir d’une façon simpsonesque. C’est cela le message de cette œuvre, vous pouvez prier, vous entourer de papier bulle, mettre des moufles, ne pas fumer, manger bio, ne pas de sortir de chez vous… Tout cela ne vous fera pas échapper à l’ironie du sort.


Jonathan Yeo, portrait de Georges Bush pornographique (2007)

portrait de georges busch Busch (2007)

Voici un portrait présidentiel plus que douteux pour un président d’ailleurs plus que controversé. Cette oeuvre de l’artiste Jonathan Yeo, vous vous en doutez a fait forte impression et bien sûr grand scandale à la Maison Blanche. Vous ne voyez pas pourquoi ? Au premier coup d’oeil on dirait un portrait banal, mais en fait le visage du président américain est composé d’images pornographiques découpées dans des magazines spécialisés. On peut par exemple constater que l’oreille gauche de Georges Bush représente une scène de fellation et tout le reste de son portrait est composé de parties toutes aussi intimes et pornographiques.

 

Cette oeuvre me plait, je trouve cela amusant que l’un des présidents américains les plus pieux soit représenté de la sorte, c’est un pied de nez à l’amérique puritaine. Bien sûr, certains d’entre vous trouveront cela désobligeant de représenter un président avec autant de mauvais goût et d’autres diront :  "Encore un artiste qui se sent obligé de choquer pour se faire connaître", sur ce point, je vous rejoins. Mais au moins cette oeuvre est rigolote, j’ai envie de dire, d’ailleurs je vous conseille le portrait de Paris Hilton du même artiste.


Biographie du peintre Omar El Nagdi

Omar El Nagdi peintre egyptien El Nagdi

Omar El Nagdi naît au Caire en 1931. Le petit Omar est issu d'une famille bourgeoise-paysanne du gouvernat de Chankieh. En 1952 il obtient son premier prix au concours de la Faculté des Beaux Arts du Caire. Par les valeurs morales, la mentalité et le rythme de la vie menée par sa famille bourgeoise et campagnarde, Omar El Nagdi, garde en lui, comme dans ses oeuvres, le cachet du paysan et le timbre de la vie simple et spontanée. Une vie marquée par la présence riche d'une grande culture, celle de l'oralité, dont les traditions artistiques verbales et rythmiques appartiennent aux génies des "milles et une nuits", les "Sirat" et les épopées. Déroulant sa partition picturale à mi-chemin des cultures arabes et occidentales, au carrefour de la Réalité poétique, du Cubisme, de l'Expressionnisme et de la grande tradition de décoration murale égyptienne, Omar El Nagdi n'a cessé de penser et révéler le monde en créant un imagier d'une diversité inouïe et d'une intensité plastique inégalée ! La place que l'artiste occupe dans le panorama de l'art égyptien du XXème siècle en ferait rêver plus d'un. Depuis 1960, l'art d'Omar El Nagdi s'est installé "en haut de l'affiche", et il y est resté. Sa biographie l'atteste. Sans même nous arrêter à ses multiples expositions personnelles ou de groupes, nous ne retiendrons que quelques dates puisées dans un palmarès proprement époustouflant.

 

En 1953 il est diplômé avec le prix d'honneur de l'Académie des Beaux Arts du Caire, et en 1957, diplômé avec prix d'honneur à la Faculté des Arts appliqués du Caire. Il prend le chemin de la Russie en 1959 et étudie la céramique à Moscou. Puis son chemin le mène en Italie pour étudier la fresque et la mosaïque et en 1964, il sera diplômé de l'Académie des Beaux Arts de Venise. Sa présence en 1962 à Rome au côté d'artistes tels Picasso, Dali, De Chirico, confirme sa valeur et la reconnaissance de ses pairs. En 1963 il est diplômé de l'Académie des Beaux Arts de Ravenne (Mosaïque). A Rome, comme à Venise, Omar El Nadgi est devenu un peintre confirmé et reconnu par les cercles d'arts plastiques, la critique artistique, le théâtre et la musique. Il sera nommé en 1964 professeur à la Faculté des Arts Appliqués du Caire. En 1964-1965 il fonde la Société Mountain Mosaïc, qui est la seule à avoir un lien avec l'Art de Mosaïque local. En 1965 il devient membre de l'Académie Internationale Thomas Compainilio de Rome. Il reprend la route vers la Hollande et de 1968 à 1969 il étudie la sérigraphie à l'Académie de Jan Van Eck de Maastricht. En 1970 il entre dans la rubrique Artistes Internationaux de l'Encyclopédie française, Larousse. Puis il devient membre de l'Association des Amis des Beaux Arts de 1970 à 1973. De 1971 à 1974 il est membre du Comité de Programmes de la Télévision Egyptienne et Directeur Général du Service Production de la Télévision Egyptienne ainsi que Directeur du Programme Art Plastique à la télévision (L'Art et notre Vie), il dirige plus de 32 films documentaires, participe à la réalisation de décors de films ou encore de feuilletons télévisés, compose la musique de 9 chansons de nature populaire, religieuse, patrïotique faisant appel à l'émotion. De 1975 à 1987 il crée les décors à la télévision à Abou Dhabi. En 1977 il obtient le Doctorat du Conseil de l'Université égyptienne. De 1982 jusqu'en 1988 il est professeur intinérant d'Art à l'Université de King Saud à Riyadh et de 1988 à 1991, professeur et Président du Département meubles et architecture d'intérieure de la Faculté d'Arts Appliqués-Université Helwan du Caire. En 1995 il est invité d'honneur à la Biennale du Koweït ainsi qu'à l'exposition Internationale de Paris. La même année il aura une grande exposition personnelle à l'Institut du Monde Arabe à Paris. Depuis 1994 il a une exposition personnelle chaque année à la Galerie Danielle Bourdette Gorzkowski à Honfleur. En 2008 Dubaï lui consacre une exposition importante sur les calligraphies. Au Salon d'Automne à Paris en 2009, il obtient le Prix de la Fondation Taylor, et en 2010 il est l'invité d'Honneur de ce même Salon.

 

On a beaucoup écrit sur la peinture d'Omar El Nagdi et les plumes prestigieuses furent intarissables pour louer le chant sublime et la puissance de l'artiste égyptien. Animées d'un dynamisme prodigieux, ses oeuvres, qu'elles soient de format modeste ou monumental, révèlent l'ardeur inépuisable d'un tempérament qui s'exprime aussi bien par la couleur que par la matière et le trait, unissant ces trois élèments en une sorte d'épopée chaleureuse au service d'un humanisme avoué. Le chef d'oeuvre Sarajevo est à El Nagdi ce que Guernica est à Picasso. Cette toile monumentale, véritable Requiem pictural, trahit la volonté de l'artiste de s'impliquer à son tour dans l'histoire de son temps, d'unir l'engagement de l'homme à celui de l'artiste, d'inscrire son art dans un propos dénonçant les misères et malheurs de la guerre. En cela, Omar El Nagdi marche sur les traces du lorrain Jacques Callot (1592-1635), du grand Rubens, de Goya, de Courbet, de Delacroix, de Otto Dix, de Max Beckmann ou encore de Picasso, tous témoins attentifs, tous profondéments révoltés, tous "plastiquement" engagés dans leur temps... On ne peut pas pour autant "réduire" l'horizon pictural de l'artiste à cet expressionnisme douloureux aussi émotionnel soit-il. Omar El Nagdi sait aussi bien composer de vastes déplorations que des partitions allègres, d'une fraîcheur incomparable.

 

Omar El Nagdi est de ces artistes rares qui oeuvrent sans relâche à l'enchantement toujours renouvelé de la vie. Il aura fallu attendre ce grand artiste venu du Caire pour, en quelque sorte réconcilier enfin Pierre Bonnard et Pablo Picasso. Pour autant, Omar El Nagdi a développé un vocabulaire plastique parfaitement identifiable et qui, malgré la diversité de ses techniques et supports, ne peut être comparé à nul autre. Sa grande culture de l'Islam lui permet de fertiliser les terres vieillissantes des grammaires picturales occidentales. Par-delà la communauté égyptienne, c'est la mémoire de l'humanité entière que l'oeuvre de Omar El Nagdi entreprend de pérenniser, tel un songe universel gravé pour les siècles à venir...

 

Source: Noël Coret.


Lichtenstein Roy, Drowning Girl (1963), analyse d'oeuvre

Drowning Girl (1963) lichtenstein toy Drowning Girl (1963)

Dans cette oeuvre "huile et peinture polymère synthétique sur toile (172 x 170)", datée de 1963 (exposée au Musée d’Art Modern à New York), Lichtenstein utilise l'héroïne d'une bande dessinée "Run for Love ! " publié par DC Comics en 1962. L’illustration originale, (le petit ami de la fille apparaissait à l’arrière plan, accroché à la coque d’un bateau) -une case de bande dessinée- est fortement agrandie, puisque la tête de la jeune fille mesure dans le tableau approximativement un mètre. Elle se noie dans une vague, dont le graphisme fait référence à La Grande Vague (1833), une gravure sur bois du Japonais Katsushika Hokusaï , allusion qui renforce le caractère décoratif au profit d'un effet visuel.

 

Cependant, l'ironie n'est pas absoute, puisque cette jeune femme semble se noyer dans le flot de ses propres larmes. Le phylactère révèle la mesure de son orgueil: elle préfère mourir que d'appeler à l'aide "Brad", le joli coeur. Remarquons que l'élégante vague qui se brise au-dessus de sa tête ne semble guère menaçante, si bien que le cri désespéré de l'héroïne a des accents mélodramatiques! Techniquement, le dessin de la jeune femme n'arbore aucun trait individuel. Elle nous apparaît très lisse, car l'imitation des points de trame colorie le tout presque uniformément et nous rappelle, in fine, que le modèle original est imprimé.

 

"J'avais le sentiment, explique l'artiste, qu'en peignant une image tirée d'une bande dessinée, je peignais le portrait de quelqu'un. Cette jeune femme en tant qu'élément d'oeuvre d'art, n'est pas la même chose que cette héroïne d'un récit de bande dessinée. L'image est peut-être ressemblante mais son sens ne saurait être le même. [...] Cela est lié au fait de placer cette image à l'intérieur d'une architecture formelle qui possède force et unité". Unité qui tient à la fois dans le dessin linéaire et dans l'utilisation parcimonieuse des couleurs. Notez que les cheveux de la jeune fille sont bleus -donc peu réalistes- mais l'on comprend qu'il faut se référer à des cheveux noirs. Remarquez encore que la main, parfaitement manucurée, est vide de toute tension, elle est réduite à un signe élégant totalement éloigné du drame original.

 

Qu'une jeune fille se noie, ou qu'un canon tonne, l'émotion de l'anecdote est aseptisée par un style froid, par des couleurs primitives et par l'absence de toute profondeur. Les objets eux-mêmes sont soumis à cette épuration : Câble électrique, Chaussette, Balle de Golf, ou Pelote de Fil relèvent du signe, voire du pictogramme. "Je suis intéressé par le fait que les visages en bande dessinée et assimilée soient si irréalistes et pourtant nous les considérons comme réalistes. Si vous parcourez le magazine, la fille est jolie sur l’image. Mais quand vous regardez attentivement ce qui la constitue, des traits noirs et des lèvres rouges, il n’y a rien de réaliste dans celle-ci. Cela m’intéressait de montrer de quelle manière une jolie fille dans un comics, ou un héros, peu importe, était façonnée par une sorte d’idéalisme conforme à ce que les gens devrait ressembler, le tout soumis aux contraintes et économies du processus d’impression." Roy Lichtenstein.

 

Source: Skynet.


Biographie du sculpteur Franz Xaver Messerschmidt

Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783) est né en Bavière, mais d'abord célèbre à Vienne, ce sculpteur singulier et troublant est essentiellement connu pour une série de têtes en métal, hyperréalistes dans leur facture et totalement expressionnistes par leurs tensions et leurs rictus. Ses fameuses "têtes de caractère" réalisées hors commande, fascinèrent autant les psychanalystes que les artistes comme Gustav Klimt ou Egon Schiele, ou les historiens de l'art.

 

Professeur adjoint à l'AcadémieRoyale des Beaux-Arts de Vienne en 1769 et portraitiste des cercles aristocratiques et intellectuels vivant dans la capitale autrichienne: il réalise des bustes du couple impérial et de personnalités des Lumières viennoises, dont le médecin magnétiseur Franz-Anton Mesmer. En 1774, il se voit refuser le titre de professeur en titre à l'unanimité de ses collègues, en raison de son caractère difficile. Ulcéré, il quitte Vienne après avoir liquidé ses biens, passe par Munich et s'établit en 1777 à Presbourg - Bratislava aujourd'hui -, où il meurt six ans plus tard.

 

Il semble qu'il commença à sculpter ses têtes en 1771, on ignore combien de têtes Messerschmidt a réalisées pendant sa vie. De l'ordre dans lequel les têtes ont été modelées, on ne sait rien. Les titres qu'elles portent aujourd'hui leur ont été donnés pour la présentation de 1793 : titres posthumes et sans valeur. On ne sait pas plus si Messerschmidt les regroupait en catégories. Dix ans après sa mort, en 1793, son frère en vendit 49 à un particulier. Celui-ci les transféra à Vienne où elles furent exposées pour la première fois au public.

 

Constituées principalement d'un alliage d'étain et de plomb, parfois en albâtre, jamais vendues malgré des offres généreuses, elles ont accompagné le sculpteur tout au long d'une carrière de plus en plus incertaine en raison des troubles psychiques qui l'affectent très tôt et entraînent son expulsion de l'Académie en 1774. Confronté à ses délires, Messerschmidt va sans doute trouver dans ses visages déformés une manière d'exorciser les esprits maléfiques qui le persécutent et lui causent des souffrances psychiques et physiques.

 

Ces têtes, exclusivement masculines et correspondant à différents âges, sont strictement frontales et surmontent l’amorce d’un simple buste. La représentation de l’expérience émotionnelle, la fidélité avec laquelle l’artiste rend l’expression du visage (yeux grands ouverts ou fermés par des paupières serrées, bouches grimaçantes, traits crispés) sont impressionnantes de maîtrise. Derrière leur aspect théâtral, ce ne sont ni des masques ni des caricatures. Bien que muets, parfois même la bouche bâillonnée, les visages hurlent les tensions de l'âme, la souffrance psychique et corporelle.

 

Si l’on trouve des équivalences à sa sculpture principalement dans les domaines du dessin, avec en premier lieu les précurseurs Léonard de Vinci (dont les caricatures sont publiées en 1730) ainsi que Charles Lebrun, ou encore dans la peinture rococo (Ducreux, Liotard…), ce type de représentations de l’instantané (rire, grimace, bâillement…) est rare en sculpture. Mais en l’espèce, l’art de Messerschmidt va plus loin qu’une mise en forme d’instantanés, de mouvements naturels : ses expressions sont outrées, paroxystiques.

 

Selon l'écrivain allemand Friedrich Nicolai, qui lui rendit visite deux ans avant sa mort en 1783 à 47 ans à Presbourg (aujourd'hui Bratislava), l'artiste se pinçait en se regardant dans un miroir en faisant diverses grimaces. Ainsi entendait-il capter les esprits qui le tourmentaient. Il reproduisait avec une grande précision les déformations de son visage dans la pierre, le bois ou le plâtre. Et, une fois figée, la douleur se trouvait comme piégée à l'extérieur. Neutralisée, en quelque sorte.

 

Aux confluences de la physiognomonie et de l'art, les sculptures de Messerschmidt interrogent le spectateur sur les notions de Beau et de normalité. Aujourd'hui encore, les sculptures de Franz-Xaver Messerschmidt continuent à poser leurs énigmes sans réponses.



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